Gaîa se fâche

A vous de terminer cette histoire entre fiction et réalité...

Il n'y a pas très longtemps de cela, la terre, nommée Gaïa par les grecs anciens, décida de mettre les hommes à l'épreuve. Depuis quelques décennies, elle constatait avec tristesse et colère parfois, qu'ils n'étaient guère respectueux de tout ce qu'elle leur avait donné. Ils utilisaient ses ressources sans compter, prenant le risque de les faire disparaitre. Par leurs activités, ils la détruisaient peu à peu. Des animaux, des plantes, des paysages étaient menacés de disparition ou n'étaient déjà que souvenirs évoqués dans les livres.  Et, trop occupés à admirer leur nombril, les hommes oubliaient l'essentiel, l'équilibre, l'harmonie avec leur mère nourricière.

 

Elle avait essayé de les raisonner en choisissant quelques émissaires chargés de porter sa parole. Mais ceux-ci avaient été ignorés, moqués, traités hurluberlus, voir muselés.

Alors Gaïa avait déclenché quelques catastrophes naturelles en signe d'avertissement : inondations, tremblements de terre, sècheresses... Mais ceci ne fut pas plus efficace. Certes certains comprenaient ses intentions et la nécessité absolue de changer les modes de vie humains. Mais, trop peu nombreux, leur parole s'éteignait rapidement.

Ainsi Gaïa était désespérée. Elle aurait pu, comme elle l'avait déjà fait en des temps très anciens, se laisser aller à la colère et provoquer un cataclysme destructeur. Mais, au fond, elle aimait les hommes, ses enfants. Alors elle décida de les mettre à l'épreuve un peu plus durement, espérant qu'ils comprendraient.

 

Elle fit appel à quelques esprits pour créer un mal qui obligerait l'espèce humaine à changer ses habitudes de vie. Ainsi naquit ce que les hommes nommèrent le "coronavirus". Elle hésita longtemps pour savoir où le déposer, tant d'endroits étaient possibles. Elle choisit la Chine considérée comme le pays le plus pollueur de la planète. Ensuite, elle n'aurait plus rien à faire. Les hommes se chargeraient eux-mêmes de diffuser le mal. Et son stratagème fonctionna parfaitement : en peu de temps le monde entier dut faire face à une pandémie inquiétante. Les hommes durent alors apprendre à vivre autrement : pour éviter la propagation ils furent obligés de limiter leurs déplacements, d'apprendre à travailler et à consommer différemment, de modifier le fonctionnent de leur vie familiale... Ceci prit un certain temps car nombreux étaient ceux qui eurent du mal à se plier à ces changements. Mais les hommes n'avaient pas le choix. Leurs dirigeants parlaient de guerre, d'ennemi invisible. Leur ton était grave. Il y eut de nombreuses conséquences sanitaires, économiques, sociales.

Malgré sa tristesse d'imposer cela aux hommes, Gaïa retrouvait espoir : du fait de la diminution des déplacements, de la fermeture partielle ou totale des usines, l'air devenait plus respirable.

Certains redécouvraient la vie simple avec ses difficultés mais ses plaisirs aussi : partager du temps avec sa famille, se réjouir d'une petite promenade, être ensemble pour prendre les repas à la maison...

Gaïa ne pouvait pas stopper le mouvement qu'elle avait initié mais, elle avait confiance dans les capacités des hommes pour trouver le remède qui rendrait caduque le virus, même si cela devait prendre du temps.

 

Dans les contes, les mois, les années passent vite et ainsi, en l'espace de quelques mots, les choses changent. Par leur abnégation, leurs efforts (parfois contraints), les hommes ont réussi à éliminer l'ennemi.

 

Quelles leçons tireront-ils de cette épreuve ? Gaïa pourra-t-elle leur faire à nouveau confiance ? Aura-t-elle été écoutée, comprise ? Ou sera-t-elle obligée de prendre une décision fatale ?

 

Qu'en pensez-vous ?

 

Le 17 03 2020.

Isabelle SAURON

 

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